COURT VOYAGE DANS LE CINEMA VIETNAMIEN

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Cuong Ngo, Dang Nhat Minh, Dinh Xuan Lam, Johnny Tri Nguyen, Lê Hoang, Luu Trong Ninh, Ngo Thanh Vanh, Nguyen The Anh (c) HNiogret-Ho Chi Minh Ville, Hanoi – avril 2013

Ngo Thanh Vanh , une des jeunes stars féminines actuelles du cinéma vietnamien qui avait passé sa jeunesse en Norvège avouait n’avoir connu le Vietnam à travers le cinéma par un seul film HEAVEN AND EARTH d’Oliver Stone (cf. mon documentaire en cours de montage sur le Cinéma vietnamien). Les Vietnamiens ne connaissent guère davantage l’histoire de leur cinéma n’ayant vu que les films récents, à 80% des comédies souvent affligeantes. Pourtant à partir de la fin de la guerre, 1974, le cinéma vietnamien a produit des films remarquables pendant une quinzaine d’années, dans ce qu’on peut appeler l’âge d’or du cinéma vietnamien. Trois metteurs en scènes, Nguyen Hong Sen (l’auteur de TERRES EN FEU, souvent cité comme le meilleur film vietnamien), Hai Ninh, Dang Nhat Ming, Bach Diep,  étaient les chefs de file de cette génération qui avaient souvent combattu dans les maquis vietcongs, mais aujourd’hui les deux premiers sont décédés, et la réalisatrice Bach Diep n’est plus en bonne santé. Dans la génération suivante, Nguyen Khac Loi, Viet Linh (qui vit en France), Luu Trong Ning (qui prépare une nouvelle adaptation de KIM VAN KIEU, le chef d’œuvre de la poésie vietnamienne) ont pris le relai, avant que Le Hoang, après quelques films, fasse un succès critique et commercial avec LES HOTESSES DE BAR (Gay Nihai) au début des années 2000. Aujourd’hui la production s’est raréfiée à une dizaine de long-métrages par an, petit chiffre pour un pays dont la population s’approche des 90.000.000. L’Etat régule toujours le cinéma mais ne le finance pratiquement plus, laissant au privé la possibilité de produire et distribuer les films dans les multiplexes qui ont commencé à émerger. Quelques auteurs arrivent à monter le financement de leurs films, en coproduction avec des pays étrangers comme Bi N’AI PAS PEUR, de Phang Dang Di, avec la France. Quelques cinéastes de films commerciaux sont souvent produits par Johnny Tri Nguyen, acteur, coscénariste, producteur, chorégraphe de scènes d’action, qui depuis LE REBELLE en 2006, est devenu une des personnalités les plus importantes de ce nouveau cinéma vietnamien. Ce cinéma des années 2010  aimerait bien s’affranchir totalement de l’état dans un pays sorti des ravages de la guerre,  en pleine évolution, à la croissance à un chiffre (6% en moyenne), majoritairement jeune, où l’opposition politique existe désormais et voudrait bien avoir droit à la parole par des élections libres, multipartis, et voir la disparition de la censure qui aujourd’hui cherche à sanctionner la présence de la violence et du sexe. Après la « nostalgie » de la guerre et des héros positifs, le cinéma voudrait parler d’autre chose, d’autres aspirations, des individus, de leurs désirs et de leurs émotions. Techniquement le cinéma vietnamien n’a rien à envier à ses collègues hong-kongais dont il s’inspire parfois (cf.BLOOD LETTER de Victor Vu, ou le plus original PEARLS OF SOUTH EAST de Cuong Ngo ). Le retour des vietkeus, ces enfants de vietnamiens exilés à l’étranger qui reviennent dans leur pays (Johnny Tri Nguyen, son frère Charlie Tri Nguyen, réalisateur ; Ngo Thanh Vanh, Cuong Ngo, Dustin Tri Nguyen, le comédien…etc…) apporte certainement une expérience nouvelle à un cinéma qui se reconstruit. Les festivals de cinéma français feraient bien d’aller jeter un œil à Ho Chi Minh Ville ou à Hanoi, tandis qu’en 2014 la Cinémathèque française présentera une rétrospective du cinéma vietnamien.

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A propos H. Niogret

Hubert Niogret est critique de Cinéma et membre de la rédaction de la revue POSITIF. Il est également producteur et réalisateur.
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Un commentaire pour COURT VOYAGE DANS LE CINEMA VIETNAMIEN

  1. Angelo dit :

    En ce moment, le cinéma vietnamien commence à prendre de l’ampleur. Je trouve qu’il se débrouille bien. Je pense également que c’est une autre façon de faire découvrir ce pays à multiples facettes. Auparavant, on trouve toujours des films de guerre sur le Vietnam, un pays détruit par des bombes ou autre, mais aujourd’hui on trouve quand même des films sur leur manière de vivre, leur art culinaire et j’en passe. Bref, j’adore « ce » cinéma vietnamien

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