LEOPARDI, de Mario Martone

Brillante réussite pour Mario Martone dans la biographie de Leopardi, poète, par la qualité du scénario qui n’est pas piégé par la reconstitution de la totalité de la vie de Leopardi comme dans beaucoup de biographies filmées, par l’interprétation du comédien qui donne vie à Leopardi et sait en rendre tous les aspects complexes, contradictoires, et par la splendeur de la mise en scène. Certains y voient la beauté des films de Visconti, mais Mario Martone qui a tourné dans les décors authentiques de la vie de Leopardi sait être toujours inventif, parfois surprenant (la scène devant le Vésuve en irruption est innatendue), jamais complaisant, simple quand il est nécessaire, spectaculaire aussi.

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NAGISA OSHIMA, Coffret DVD

Après avoir édité en DVD des films de la première partie de la carrière de Nagisa Oshima, quand il travaillait à la Shochiku, Carlotta, a sorti un remarquable coffret sur les grands classiques des films d’Oshima (ceux qui ont été les premiers découverts en France) : La pendaison, Le petit garçon, La Cérémonie, Journal du voleur de Shinjuku, Il est mort après la guerre, Une petite soeur pour l’été, notamment.  De bonnes présentations de chacun des films par Mathieu Capel viennent compléter ce coffret indispensable concernant un des plus grands cinéastes japonais récemment disparu, dont l’ensemble ici proposé, montre la liberté, l’invention, le renouvellement, l’esprit acéré pour refléter la société japonaise et son Histoire.

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HAROLD LLOYD, Coffret DVD

Fin 2014, Carlotta a publié un formidable coffret des films d’Harold Lloyd : 16 longs-métrages, 13 courts-métrages, plus des archives, et 2 films de montage sur les films d’Harold Lloyd. Une occasion unique de retrouver un des plus célèbres comiques américains mais qui a été trop souvent été mis dans l’ombre par la résurrection de Chaplin et Buster Keaton.  Sans doute que le personnage un peu bourgeois de Lloyd a peut-être contribué à son effacement mais le génié comique est extraordinaire et physiquement il est peut-être le plus grand dans des séquences insensées avec des automobiles, des chevaux, des trains. Et c’est sans compter ses escalades de gratte-ciel. Les bonus ont peu d’intérêt puisque ce sont des films de montage d’extraits réalisés dans les années soixante assez paresseux et pas des documentaires sur Harold Lloyd comme l’était par exemple le très bon documentaire de Kevin Brownlow. Mais ce coffret de 8 DVD vaut vraiment le détour.

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EXPOSITION LUMIERE, au Grand Palais

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Ne ratez pas l’exposition Lumière à l’occasion du 120ème anniversaire de la 1ère projection cinématographique rendue possible par les inventions des frères Lumière, suite à un long processus de multiples inventeurs. L’exposition est passionnante par ce que sous la direction de Thierry Fremaux et Jacques Gerber qui savent de quoi ils parlent, elle reprend l’essentiel des collections du Musée Lumière de Lyon, et par ce que tout est magnifiquement organisé scénographiquement par Nathalie Crinière qui connaissait les collections. Documents, courriers,  appareils, affiches, photos, peintures, projections, devraient contenter tous les publics.

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A LA FOLIE, de Wang Bing

A la folie

On sait depuis ses débuts que Wang Bing est un grand cinéaste qui révéle les personnages qu’il filme, qui renvoient à des situations qui sont celles de son pays. Il en paie le prix d’ailleurs puisque ses films ne sont pas montrés en Chine, les autorités n’ayant aucun intérêt à montrer ce que lui film imperturbablement: la décomposition d’un pays qui est le sien.  Pendant presque 4h, il suit les pensionnaires d’un hôpital psychiatrique dans le Sud-Ouest de la Chine où les conditions d’existence ne permettront sûrement pas l’apaisement des situations psychologiques des hommes et des femmes qui se trouvent là, envoyés par leur famille, ou les autorités pour s’en débarrasser.

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LE SEL DE LA TERRE, de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado

Sel de la terre

Juliano Ribeiro Salgado tournait des séquences sur son père le photographe Sebastiao Salgado depuis un certain temps. Débordé par le matériel, sans trouver apparemment de clé pour le montage, il fit appel à Wim Wenders, qui a tourné quelques séquences, un interview de Sebastiao Salgado, de face, sans fioritures, et organisé tout le montage. Le résultat est formidable parce que Wim Wenders, photograpghe lui-même, et grand admirateur de Salgado, par sa sensibilité et sa compétence a su trouver les fils créateurs, les racines, les constantes esthétiques, la multiplicité des thèmes, tout cela dans une grande fluidité narrative.

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AMERICAN SNIPER, de Clint Eastwood

American Sniper

Depuis longtemps je ne cache pas mon admiration pour Clint Eastwood qui en prenant de l’âge aborde brillamment des sujets de plus en plus complexes.  Adaptant l’histoire authentique d’un sniper qui a officié en Irak, Clint Eastwood fait un film qui n’est jamais schématique (certains voudraient qualifier le cinéaste, d’homme de droite !), mais toujours complexe sur la responsabilité en période de guerre sur le terrain. La réalisation est très efficace, élégante, toujours juste, au plus profond des émotions du personnage du tireur d’élite. Il est intéressant de comparer le film à un autre film américain, presque sur le même sujet, sorti plus tardivement dans l’année, GOOD KILL d’Andrew Niccol, sur les pilotes de drone. Une séquence est presque identique avec celle, centrale du film d’Eastwood: faut-il, peut-on tuer un enfant, peut-être innocent, peut être coupable, qui est dans la ligne de mire du tireur ou du pilote de drone. Andrew Niccol se débarrasse platement du problème moral que Clint Eastwood affronte sans détours. Par ailleurs les deux réalisateurs ne boxent pas dans la même catégorie. Je vous laisse deviner dans laquelle joue Clint Eastwood.

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LE DERNIER LOUP, de Jean Jacques Annaud

Dernier loup

Jean Jacques Annaud n’est jamais si bon que quand il se lance des vrais défis qui feraient peur à d’autres cinéastes : la préhistoire, le moyen-âge, un ours, des fauves…etc… aujourd’hui des loups de Mongolie pourtant peu propice à être dressés. Largement financé par la Chine, ressemblant d’ailleurs souvent à un film qui pourrait être signé Xie Jin, le film se déroule sur un fond politique précis (la Révolution Culturelle où on envoyait les intellectuels aux champs pour se rapprocher du peuple) et déploie dans la somptuosité des décors de la Mongolie, une histoire de relation en construction entre un ex-étudiant et les loups, en même temps qu’en parallèle se développe sa relation aux bergers. Mais les vedettes sont évidemment les loups….

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BIRDMAN, d’Alejandro Gonzalès Innaritu

Birdman

D’origine mexicaine, mais élevé et travaillant très jeune aux Etats-Unis, Alejandro Gonzalès Innaritu semble parfaitement intégré dans le cinéma américain tout en y apportant des projets assez insolites, qui a priori ne cadrent pas forcément avec ce que l’industrie attend.. Le sujet qui flirte avec la représentation, le théâtre à Broadway, les super-héros, la réalité économique parfois difficile pour certains, s’échappe aussi vers le fantastique, dans une narration brillante, des options de mise en scène originales, un jeu des comédiens orchestré avec précision.

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LES NOUVEAUX SAUVAGES, de Damian Sziffron

 

Nouveaux sauvages

Occulté par les festivaliers de Cannes sans doute par ce que le film est passé à la fin et qu’il s’agit d’une comédie, LES NOUVEAUX SAUVAGES révèle un nouveau réalisateur argentin d’une étonnante maîtrise pour ce 2 ème film. La référence par le titre au film de Dino Risi, LES NOUVEAUX MONSTRES ou LES MONSTRES qui l’a précédé, n’est pas fausse, car comme le film italien, LES NOUVEAUX SAUVAGES est une satire féroce et jubilatoire sur la société argentine. Le dernier sketch, le plus long, celui du mariage qui tourne mal, est d’une maîtrise remarquable, alors que son scénario était très difficile à mettre en scène par sa complexité narrative entre les personnages du couple et les personnages de l’assistance dont les histoires sont très habilement imbriquées par la mise en scène.

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